Le 22 mai dernier, l’AQPM a déposé ses recommandations dans le cadre des consultations prébudgétaires fédérales en prévision du budget qui sera présenté à l’automne 2026.
S’appuyant sur les données du Profil 2026 de la production audiovisuelle au Québec, l’association a attiré l’attention du gouvernement sur plusieurs enjeux préoccupants pour le secteur, dont la baisse de 19,6 % de la production télévisuelle indépendante québécoise au cours des deux dernières années, la stagnation des budgets moyens des longs métrages malgré la hausse des coûts de production, ainsi que l’érosion des contributions des entreprises de distribution de radiodiffusion (dont les câblodistributeurs) au Fonds des médias du Canada (FMC) et aux fonds de production indépendants certifiés. L’AQPM a également relevé l’importance de maintenir, voire de renforcer, l’attachement des jeunes publics aux productions audiovisuelles canadiennes et québécoises.
L’AQPM a souligné l’urgence d’obtenir un soutien complémentaire du gouvernement pour permettre à l’industrie de traverser la tempête actuelle. Alors que la mise en œuvre de la Loi sur la diffusion continue en ligne a pris du retard, notamment en raison de contestations judiciaires visant certaines décisions du CRTC, l’association a proposé des mesures pouvant être mises en œuvre rapidement par le gouvernement fédéral afin de soutenir la production audiovisuelle canadienne.
Les principales recommandations de l’AQPM sont les suivantes :
- Accorder au FMC une enveloppe additionnelle de 20 millions de dollars par année pendant trois ans afin de soutenir les productions québécoises et canadiennes de langue originale française ;
- Octroyer à Téléfilm Canada et au FMC une enveloppe permanente de 25 millions de dollars par année chacune pour la production de contenus jeunesse et familiaux en animation et en prise de vues réelles ;
- Moderniser le crédit d’impôt pour la production cinématographique ou magnétoscopique canadienne (CIPC), notamment en permettant d’en devancer le versement et en établissant une liste de montants d’aide à la production qui ne seraient pas réducteurs du calcul du montant à recevoir ;
- Réserver une partie des investissements fédéraux en intelligence artificielle aux entreprises culturelles afin de soutenir la recherche et le développement en audiovisuel, de réaliser des gains d’efficience au niveau des processus de production, de valoriser le potentiel créatif des professionnels de l’industrie de même que d’accroître l’exportabilité des productions et l’exploitation des propriétés intellectuelles existantes.
Conformément au nouveau cycle budgétaire instauré en 2025, le budget fédéral sera déposé à l’automne 2026.