Tout juste avant le congé des Fêtes, l’AQPM a déposé ses demandes auprès du gouvernement du Québec en vue de l’exercice budgétaire 2026-2027. Celles-ci s’inscrivent dans un contexte de précarité grandissante alors que le volume de la production audiovisuelle québécoise a enregistré une baisse de 20 % au cours des deux dernières années.
Le prochain budget sera le dernier de la Coalition Avenir Québec (CAQ) avant les élections provinciales. Il suit également la publication des recommandations du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ) à l’égard desquelles l’industrie de la production indépendante s’est montrée favorable. Alors que l’industrie fait face à plusieurs éléments hors de son contrôle, les auteurs du rapport du GTAAQ ont pris une position autonomiste qui permet au gouvernement du Québec d’agir sur tous les leviers dont il dispose.
Les demandes de l’AQPM s’appuient donc en grande partie sur les propositions du GTAAQ et elles priorisent celles qui sont le plus susceptibles d’avoir un impact immédiat sur l’industrie et les auditoires québécois.
L’association a demandé une augmentation graduelle et pérenne du budget global de la SODEC allouée à l’audiovisuel et de celui de Télé-Québec. L’AQPM espère ainsi que la SODEC pourra notamment augmenter son soutien direct à la production télévisuelle et fournir un apport important que les mesures fédérales ne suffisent plus à soutenir. L’AQPM a également demandé à nouveau la mise en place d’une mesure permanente afin que Revenu Québec puisse verser à l’entreprise de production 75 % du crédit d’impôt réclamé pour une production québécoise admissible au CIRQ au moment de la décision préalable de la SODEC afin de réduire les frais associés au financement intérimaire.
En collaboration avec le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), l’AQPM a réitéré son appui à l’instauration d’une nouvelle bonification de 8 % du CIRQ pour les tournages réalisés à l’extérieur du « Grand Montréal » pour les productions en prise de vues réelles. Enfin, une modernisation de certains paramètres du CIRQ a été recommandée, comme l’élargissement des genres admissibles pour les émissions de télé-réalité, l’ajout du financement provenant du Bureau de l’écran autochtone (BEA) à la liste des montants d’aide prescrits au programme de CIRQ et l’adaptation de certaines définitions du CIRQ qui contiennent des critères de durée pour répondre aux nouvelles habitudes de consommation des contenus.
L’arrivée imminente d’un nouveau chef ou d’une nouvelle cheffe à la tête de la CAQ aura peut-être une incidence sur la date de publication du prochain budget et sur ses orientations. L’AQPM entend faire valoir ses demandes auprès du ministère de la Culture et des Communications et de celui des Finances d’ici là.