Publié le 8 janvier dernier, le rapport L’auditoire au centre : Découvrabilité, promotion et mise en avant du contenu canadien dans l’ensemble du système de radiodiffusion, réalisé par Nordicity pour le CRTC, s’inscrit dans le plan réglementaire du Conseil visant à moderniser le cadre de radiodiffusion au Canada. À noter que le rapport aborde en alternance les secteurs de la musique et de l’audiovisuel, dont les réalités diffèrent sensiblement.
Ce rapport a pour objectif d’identifier les outils et les mécanismes susceptibles de maximiser la découvrabilité des contenus ainsi que leurs modalités de mise en œuvre et d’évaluation tout en examinant les pratiques émergentes. Il se penche aussi sur les rôles et les responsabilités des différents maillons de la chaîne de valeur, notamment en matière d’utilisation et de partage des données. Les comportements du public en matière de découvrabilité et de consommation de contenu sont analysés, tout comme les défis propres aux marchés diversifiés que l’on retrouve au Canada.
La méthodologie du rapport combine recherche, analyse documentaire et consultations, alors que 48 entrevues semi-dirigées et trois tables rondes ont été tenues entre le 2 juin et le 29 août 2025 auprès d’un large éventail de parties prenantes des secteurs canadien et international de la diffusion audio et audiovisuelle, incluant des radiodiffuseurs, des services de diffusion en continu, des organismes de financement, des syndicats et associations professionnelles, des détenteurs de droits, ainsi que des chercheurs et des organismes de réglementation internationaux. Des études de cas illustrent les concepts abordés dans le secteur audiovisuel, notamment Skinamarink pour la force du bouche-à-oreille et North of North pour l’attrait d’un contenu local, authentique et éthique, auxquels s’ajoutent Little Bear, Three Pines, Letterkenny et Paying for It.
Le rapport propose des listes d’actions favorisant la découvrabilité déclinées selon les types d’intervenants incluant entre autres l’engagement auprès de communautés d’intérêts, l’utilisation stratégique des réseaux sociaux, le déploiement de matériel promotionnel et la mise en place de partenariats avec des marques.
L’importance pour les entreprises canadiennes de conserver la propriété intellectuelle (PI) est également mise de l’avant. Parmi les avantages liés, le rapport cite notamment la possibilité de faire recirculer des contenus plus anciens. De plus, Nordicity juge nécessaire la bonification du financement au niveau du contenu canadien afin de lui permettre de rivaliser avec l’offre internationale.
Ce rapport constituera un outil de référence pour les consultations à venir, notamment en contribuant à établir un vocabulaire et un cadre théorique communs autour de la découvrabilité des contenus, tout en offrant une synthèse utile des leviers réglementaires utilisés à l’international.
L’AQPM émet néanmoins certaines réserves quant à des affirmations laissant entendre par exemple, que les données et les analyses d’auditoire seraient largement partagées avec les producteurs par les diffuseurs et les plateformes. L’association demeurera également vigilante quant à l’impact potentiel de certaines suggestions, notamment celles visant à permettre aux radiodiffuseurs de comptabiliser les investissements en marketing et en promotion afin de satisfaire leurs obligations en matière de dépenses en contenu canadien.
En conclusion, Nordicity formule neuf éléments à considérer dans l’élaboration d’un cadre réglementaire canadien sur la découvrabilité :
- Placer le public au cœur des préoccupations des créateurs;
- Renforcer le contrôle canadien sur le contenu et sa distribution;
- Mobiliser l’ensemble des leviers prévus dans la Loi;
- Établir des indicateurs de succès et en suivre l’évolution;
- Investir dans la production, le marketing et la promotion pour rendre le contenu canadien plus compétitif et visible;
- Améliorer l’exploitation, le partage structuré et la transparence des données et des métadonnées;
- Renforcer la collaboration entre les intervenants d’un même secteur;
- Développer des compétences clés au sein des petites et moyennes entreprises produisant du contenu canadien;
- Favoriser la collaboration intersectorielle par des campagnes nationales.