Nouvelles de l'AQPM

L'AQPM, le thermostat de l'industrie aux yeux de Ian Quenneville

Photo: Qui fait quoi (MBT)

Ian Quenneville était déjà très engagé dans l’AQPM avant même d’en devenir membre. Le directeur général du studio Toast a commencé sa carrière avec Nathalie Barton chez InformAction. La productrice était très impliquée dans l’association et emmenait le jeune producteur dans les rencontres. Puis, lorsqu’il est arrivé en poste chez Toast, il est devenu membre de l’association en bonne et due forme. Il occupe aujourd’hui le poste de représentant de la section Web au conseil d’administration de l’organisation.

« Je suis devenu membre pour des raisons autres que des questions administratives, lance-t-il. En plus d’être près de ses membres, l’association travaille à protéger l’industrie. Elle en est, en quelque sorte, le thermostat, et joue un rôle primordial dans le paysage audiovisuel québécois, donc en être membre s’avère pour moi un devoir. » Lorsqu’on lui demande quel rôle l’AQPM a joué dans son parcours, Ian Quenneville répond : « Je suis arrivé comme un ti-cul dans la cour des grands. À l’époque, il y avait Jacquelin Bouchard, Vincent Leduc et Luc Wiseman et j’ai fait partie de cette grande famille. »

L’AQPM a toujours été un allié des producteurs, que ce soit pour les questions syndicales ou pour être à l’écoute des besoins des producteurs. Elle demeure un acteur positif pour trouver des solutions et jamais être un frein. L’association travaille avec plusieurs syndicats et se montre très présente lorsqu’émergent des questions de réglementations. Ultimement, elle oeuvre afin que les projets voient le jour. L’association a aussi évolué en fonction du marché et des technologies, le producteur en donne pour preuve la création d’un poste en média numérique qu’il occupe actuellement. Dans une industrie en changement, l’AQPM a fait preuve d’ouverture.

Le directeur général de Toast Studio a connu trois directrices générales, Claire Samson, Marie Collin et Hélène Messier, chacune positive et jouant bien le rôle qui leur a été confié, estime-t-il. « Hélène vient du milieu du droit d’auteur, note le producteur. Au moment où se posent des questions sur la propriété intellectuelle et la coproduction, elle est la directrice générale qu’il nous faut. L’AQPM a réussi à demeurer évolutive, jouant un double rôle, protectionniste d’un côté, donc conservateur, mais aussi en demeurant à l’avant-scène des transformations. On parle d’une association de producteurs, mais je dirais plutôt qu’elle est une association d’industrie, ajoute-t-il. Elle travaille à garder la cohésion avec les réalisateurs, les auteurs et les techniciens, gardant un équilibre tout en regardant vers le futur. »

Et l’équipe accomplit un immense travail, sachant qu’il existe une quinzaine d’ententes collectives qui sont renouvelables tous les 2 à 3 ans. Cela ne se fait pas toujours dans l’harmonie, mais Ian Quenneville souligne que c’est normal, il faut avoir des discussions avec les autres acteurs du secteur pour établir un terrain de jeu pour tout le monde.

Comme producteur, Ian Quenneville voit l’année 2021 de façon plutôt positive, comme producteur et très occupée comme membre du conseil d'administration. D’ailleurs, malgré la pandémie, 2020 fut l’année la plus productive depuis 20 ans que Toast existe. Il trouve la multiplication des canaux de diffusion hyper stimulante pour l’industrie. « Avec Tou.tv, Crave ou encore le Club illico, sans compter les autres, on n’a jamais vu une aussi grande demande de contenu, dit-il. Le terrain change à vitesse grand V, on assiste à une course contre la montre qui demande beaucoup d’agilité. »

L’année sera d’autant plus occupée que Téléfilm Canada et le Fonds des médias du Canada se trouvent en pleines consultations. Les diffuseurs et les plateformes de diffusion en continu ont soif de contenu, mais il faut que l’argent se trouve au rendez-vous avec un budget conséquent, estime Ian Quenneville. Il s’agit d’un dossier important qui vient avec le terrain de jeu changeant et un volume de contenu énorme.

« Il va falloir agir très rapidement comme industrie, souligne le producteur. Il va aussi falloir parler davantage de diversité et d’inclusion. Il est très important que tous les Canadiens et les Canadiennes aient accès à la haute vitesse, mais il faut aussi produire des contenus qu’ils et elles vont consulter. Et il ne faut pas que ce soit nos voisins du Sud ou les Européens qui fournissent ces contenus. D’où l’importance du projet de Loi C-10. »

Ian Quenneville veut souhaiter longue vie à l’industrie, afin que tous puissent voir des productions faites ici, que la culture en français soit préservée et que les producteurs d’ici puissent exporter vers d’autres plateformes dans d’autres pays et territoires. 

Propos recueillis par Frédéric Bouchard pour le Qui fait quoi no 407 (mai 2021).

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