Nouvelles de l'AQPM

Pour Christine Simard, l'AQPM représente un coffre à outils inestimable

Photo: Qui fait quoi (Frédéric Bouchard)

Lorsqu’elles ont pris les rênes de Trinome et filles en septembre 2018, Valérie Beaulieu et Christine Simard n’ont vu d’autre choix que de poursuivre leur collaboration avec l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), entamée avec Pierre Blais, fondateur de l’entreprise originale fondée en 1986. La décision s’imposait d’elle-même. Depuis leurs débuts dans le milieu, et au sein de Trinome, les deux productrices ont pu constater le rôle que joue l’association dans le milieu de la production audiovisuelle.

« C’est un coffre à outils incroyable pour tous les producteurs, affirme Christine Simard, vice-présidente et directrice générale de la boîte de production, à l’occasion du 55e anniversaire de l’AQPM. Ce n’est pas vrai que nous, de notre côté, avons accès à toute l’information au quotidien sans l’analyser. Ce ne fut donc pas un questionnement pour nous. Nous allions continuer à être membres. »

À l’emploi de l’entreprise pendant plusieurs années avant qu’elle n’en fasse l’acquisition, la productrice a constaté que l’équipe de l’AQPM en place est disponible, rapide et efficace. Travaillant avec de multiples conventions et syndicats, Trinome et filles se tourne souvent vers l’association pour des enjeux ou des nuances plus difficiles à comprendre et jamais l’entreprise ne se sent jugée ou ridiculisée lorsqu’elle a besoin de précisions. Avancées du milieu, mises à jour des annonces gouvernementales et formations pertinentes, l’AQPM garde ses membres informés en tout temps.

Une denrée pour la directrice générale qui n’a pas le volume d’employés pour développer tout cette expertise à l’interne. D’autant plus que les douze prochains mois s’annoncent comme une année où l’Association québécoise de la production médiatique risque d’être sollicitée très souvent par ses membres. Car rappelle Christine Simard, il n’est pas facile dans le contexte actuel de naviguer à travers les recommandations gouvernementales, les normes sanitaires imposées aux tournages, les besoins spécifiques et les diverses négociations syndicales.

« Même si je connais bien les conventions et que mes chefs d’équipe et mes productrices les maîtrisent bien, nous sommes une boîte en croissance. Nous allons avoir davantage de projets et des collègues qui vont devoir être formées pour diriger plus de productions. Pour nous, c’est aussi formateur l’AQPM, elle permet l’évolution des employés et d’assurer des mises à jour que nous n’avons malheureusement pas toujours le temps de faire », explique la vice-présidente de Trinome et filles.

Christine Simard souligne également l’importance de l’association en tant que vecteur collectif pour tous les producteurs et productrices du Québec. Certes, tous et toutes sont constamment sollicité.e.s et n’ont pas toujours le temps de se consulter. L’AQPM permet alors de servir le bien commun. D’autant plus qu’elle permet de ne pas créer de précédent.

« Je ne veux pas nuire à mes collègues. Si je crée des précédents dans les salaires, la masse salariale ou la façon dont je fais les choses, je crée des répercussions qui vont nuire après à d’autres. L’AQPM est là pour nous ramener à l’ordre et nous prévenir des conséquences. Ce sont des conseillers et nous en avons besoin », indique la productrice.

Pour la suite des choses, Christine Simard estime que l’association doit continuer de s’assurer que les différents syndicats demeurent réalistes dans leurs demandes. Or, l’enjeu principal reste, et ce n’est pas un secret pour personne, le financement. « Nous voulons toujours nous assurer de faire les meilleures productions, mais il y a des limites budgétaires. Normalement, il y a une valeur et l’inflation vient. Nous vivons le contraire. C’est correct, nous nous adaptons, nous sommes créatifs. Mais à un certain  moment, il va falloir que ça arrête », souligne Christine Simard. Elle ajoute également que toute une démarche par rapport aux conventions numériques devra également être structurée.

Car ultimement, les collaborateurs doivent être ouverts et faciliter le travail de l’AQPM, estime la vice-présidente de Trinome et filles. Même si elle représente les producteurs, l’association agit également à titre de médiateur. « C’est ça l’avenir de notre industrie. Non seulement les producteurs doivent travailler main dans la main, mais les syndicats, les associations et les diffuseurs aussi. Nous voulons faire avancer notre milieu ensemble. Parfois, nous ne le faisons pas et ça nous joue des tours », conclut-elle. 

Propos recueillis par Frédéric Bouchard pour le Qui fait quoi no 407 (mai 2021).

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