Nouvelles de l'AQPM

Josette D. Normandeau reconnaît l'agilité de l'AQPM

Photo: Qui fait Quoi (MBT)

Ideacom International est membre de l’Association québécoise de la production médiatique depuis 33 ans. Josette D. Normandeau arrive à la direction de l’entreprise en 1995 et la poursuite de cette collaboration avec ses collègues producteurs était fondamentale pour la suite des choses. Lieu d’échange pour ses membres, l’AQPM, qui fête ses 55 ans, représente également un lien facilitant la gestion des négociations et des discussions avec les différents syndicats de l’industrie, constate la productrice en entrevue.

Au fil des années, l’association a pu jouer un rôle crucial dans les ententes des différentes conventions collectives, mais aussi dans l’avancement de certains dossiers grâce aux séminaires annuels organisés lors du Congrès de l’AQPM. Non seulement les discussions ont lieu auprès des autres professionnels, mais également du côté des instances gouvernementales, que ce soit au provincial ou au fédéral, note Josette D. Normandeau.

« Une association est liée à l’évolution de l’industrie, évalue-t-elle. Maintenant, nous sommes rendus avec les nouvelles plateformes numériques. Les associations, les gouvernements et les chefs d’entreprise doivent s’adapter aux marchés, au financement, à l’internationalisation des projets. Ça demande d’être une association agile pour être capable d’anticiper. Des changements législatifs ne se font pas du jour au lendemain. »

Un exemple récent de cette mobilisation est évidemment la pandémie, qui a mené l’AQPM à travailler particulièrement fort avec la SODEC et le ministère de la Culture et des Communications pour assurer l’implantation de mesures de santé et de sécurité au travail et l’octroi de fonds couvrant les assurances afin de poursuivre la production médiatique dans ce contexte difficile.

« La reconduction par la SODEC des programmes pour les assurances et les coûts COVID va certainement aider, de même que l’aide du fédéral. Les producteurs ont eu des comportements exemplaires sur les tournages. Tout le monde a travaillé en faisant extrêmement attention. Il ne faut toutefois pas baisser la garde », rapporte la productrice qui tourne une grande partie de son contenu documentaire à l’international dans un contexte de coproduction et qui doit actuellement patienter jusqu’à ce que la situation soit davantage sous contrôle.

Après avoir siégé à titre de représentante de la section documentaire, Josette D. Normandeau a été élue présidente du conseil d’administration de l’AQPM, un poste qu’elle occupe depuis 2019. Faisant également partie du conseil d’administration de la Canadian Media Producers Association (CMPA), la présidente d’Ideacom International perçoit ce double rôle comme une sorte de courroie de transmission entre le Québec et le Canada anglais.

« Je trouvais important que nous puissions mieux collaborer. Nous sommes les deux pôles audiovisuels au Canada à l’heure actuelle. Même si nous n’avons pas toujours le même regard sur certains enjeux, de par nos particularités linguistiques, je pense que c’était super important que la CMPA et l’AQPM collaborent. Même pour nos gouvernements, ils sont heureux de voir que nous travaillons main dans la main, sur des objectifs communs », confie la productrice.

Autrement, son rôle de présidente de l’AQPM lui permet également d’observer au premier rang les activités de l’équipe permanente composée, entre autres de la présidente-directrice générale Hélène Messier et de la directrice des relations de travail et des affaires juridiques Geneviève Leduc, qu’elle qualifie d’extraordinaires. De l’autre côté, la présence de producteurs de terrain parmi le conseil d’administration apporte des questionnements et des éclairages nécessaires sur des enjeux précis. Parmi ceux-ci, la loi C-10 risque d’occuper l’AQPM dans les prochains mois. « Il faut voir comment nous réactualisons cette loi, quels pouvoirs vont être donnés au CRTC. Les élections s’en viennent, avec tout ce que cela peut entraîner comme incertitudes face à l’avancement de ce projet de loi. C’est ce qui est au coeur de tout avec la réforme temporaire possible du Fonds des médias du Canada. Il faut trouver une période de stabilité lors de cette transition dans le but de ne pas déséquilibrer notre industrie », évalue Josette D. Normandeau, qui souhaite que la production médiatique continue de concrétiser des projets dans les conditions les plus confortables possibles pour tous et toutes. 

Propos recueillis par Frédéric Bouchard pour le Qui fait quoi no 407 (mai 2021).

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